AuxiMOre passe les frontières !

Un an et demi déjà qu’AuxiMOre a débuté : que ce soit la création d’une base de données, la mise en place de suivis des auxiliaires, la formation des conseillers ou la communication.  Aujourd’hui, la réalisation des objectifs est en bonne voie, et la valorisation du projet  est en cours.

Déjà reconnu au niveau national, le projet AuxiMOre est  à présent référencé au niveau européen dans le Réseau européen d’apprentissage sur l’agro-biodiversité fonctionnelle (ELN-FAB).

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http://www.eln-fab.eu/?do=project&id=69&p=farmers

Ce réseau a pour objectif de favoriser les échanges de connaissances et de pratiques à travers toute l’Europe et entre agriculteurs, décideurs, entreprise et ONG, dans les thématiques suivantes :

–          L’agro-biodiversité pour une agriculture durable

–          La biodiversité et l’exploitation des terres

–          Le contrôle biologique

–          L’élevage

–          Les politiques agricoles

–          La pollinisation

–          La gestion des sols

–          La gestion de l’eau

Marie Debandt- Chambre D’agriculture de Picardie

 

Les suivis biodiversité du CETIOM

Le CETIOM (Centre Technique interprofessionnel des Oléagineux et du Chanvre) a mis en place cette année des suivis visant principalement à faire un état de la biodiversité présente dans les parcelles de chanvre en comparant avec ce qui est observé à la même période dans du colza ou du tournesol. De par ses caractéristiques intrinsèques (bonne couverture du sol) et l’absence de traitements phytosanitaires, le chanvre peut potentiellement permettre le maintien et le développement d’un grand nombre d’organismes, en particulier des organismes dits utiles.

9 parcelles sont suivies dans l’Aube, réparties dans trois paysages différents. Sur chaque site, une parcelle de chaque culture est suivie. Chaque parcelle est ainsi équipée de 5 pots Barbers situés à 50 m d’une bande enherbée et de 2 cuvettes jaunes sur végétation, une à 10 et l’autre à 50 m de la même bande enherbée.

Nous effectuerons des relevés chaque semaine. Parallèlement aux prélèvements, nous notons également les données météo (pluviométrie, températures, rayonnement cumulé sur la semaine écoulée) ainsi que le stade de développement de la culture, la hauteur de la strate, les interventions agricoles, ou toute autre observation qui pourrait être utile lors du traitement des données.

Nous allons donc recenser les prédateurs du sol (carabes, araignées et staphylins), les auxiliaires volants (chrysopes, syrphes, hyménoptères parasitoïdes, pollinisateurs…) ainsi que les ravageurs (méligèthes, charançons, limaces…).

Ses suivis permettront d’apporter de premiers éléments sur l’intérêt du chanvre en tant que réservoir à auxiliaires. Nous regarderons également l’influence du climat et du paysage sur les captures et nous déterminerons le potentiel de régulation des parcelles en mettant en parallèle les populations des ravageurs et d’auxiliaires. D’autre part, ces données alimenteront la base de données d’Auximore.

Avec ces suivis, les professionnels de la filière du chanvre pourront étoffer leurs arguments en démontrant un des intérêts d’insérer du chanvre dans la rotation. Dans le cadre d’Auximore, ces données participeront aux études de mises au point de protocoles simplifiés.

Raphaël Planhard – CETIOM

Suivis d’auxiliaires en parcelles agroforestières

En ce printemps/été 2013, l’équipe d’Agroof se replonge dans les suivis de biodiversité auxiliaire grâce au projet AuxiMORE. Pour cette phase de test des protocoles, Agroof s’est lancé dans le suivi de deux parcelles agroforestières sur des sites de référence : Le domaine expérimental de Restinclières (Hérault) et le domaine de Roumassouze (Gard).

  • Sur le domaine expérimental de Restinclières, la parcelle suivie présente un assolement de pois protéagineux associé à des lignes de noyers hybrides âgés de 18-19 ans. Ce site dispose d’un témoin agricole, c’est-à-dire d’une partie cultivée sans les arbres sur laquelle les suivis sont également effectués. Cela nous permettra de comparer les modalités avec et sans arbres.
  • Sur le domaine de Roumassouze, la parcelle suivie présente un assolement de pommes de terre associé à des lignes de merisiers, tilleuls et muriers âgés de 15 ans. Cette année, la parcelle ne dispose pas de témoin agricole. Seule la modalité agroforestière est donc suivie.

Ces deux parcelles font l’objet de suivis « d’auxiliaires rampants » et « d’auxiliaires volants » selon les protocoles dit « élaborés ». Nous n’avons toutefois pas pu mettre en place de tentes malaise/pièges à cornet cette année, ce sera donc pour l’année prochaine !

Figure 1 - cuvette restinclièresagroof

Crédit photo : Agroof

En agroforesterie, avec la présence des lignes d’arbres intraparcellaires, la disposition des pièges est forcément différente des parcelles sans arbres. D’autant plus que sur ces sites, l’espacement entre ces lignes est relativement faible (10 à 13m): Schéma des dispositifs de piégeage

Ainsi, en plus d’acquérir des références sur la biodiversité de ces parcelles et l’impact des lignes d’arbre sur cette dernière, cette première année de test est également l’occasion de voir comment l’on peut adapter ces protocoles à des systèmes agroforestiers en grandes cultures. De nombreuses améliorations sont surement possibles et c’est là tout l’intérêt du projet.

De plus, et c’est un élément d’importance : Agroof n’est pas seul. L’équipe accompagne un groupe de 8 agriculteurs locaux qui ont souhaités suivre la biodiversité auxiliaires sur leurs parcelles en grandes cultures. Certains pratiquent l’agroforesterie, d’autres non. Grâce à ces volontaires et aux discussions engagées toutes les deux semaines, certains retours intéressants commencent à émerger…mais cela sera pour un autre billet 😉

Figure 4 - Auximore agriculteurs vézénobres crédit photo : Agroof

Camille Béral, pour l’équipe d’Agroof !

Les suivis Auximore en Deux-Sèvres

Pour 2013, nous nous proposons de suivre 7 parcelles en paysage de plaine et 6 parcelles en paysage de Bocage. Toutes les parcelles feront l’objet de suivis « auxiliaires rampants » et 3 seulement feront l’objet de suivis « auxiliaires volants ». Que ce soit rampant ou volant, ce sont les protocoles élaborés qui seront appliqués avec suivi des auxiliaires mais également des ravageurs.

Les parcelles suivies le sont également dans le cadre du programme « Agriculture et Biodiversité » animé par la Chambre d’Agriculture des Deux-Sèvres qui vise à sensibiliser les agriculteurs à l’intérêt du contrôle biologique des ravageurs par conservation des habitats. Dans le cadre de ce programme, il s’agit de créer des références locales permettant aux agriculteurs de se familiariser avec cette technique qui constitue une des alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires, pour pouvoir l’adapter sur leur exploitation.

Sur le bocage, la culture suivie est le blé. Dans ce cas, notre objectif est de montrer que si on veut produire des céréales en bocage c’est possible tout en conservant un maillage de haies fonctionnel. On s’intéresse au rôle brise-vent des haies et à son effet sur le rendement des cultures et à son rôle de réservoir de biodiversité pour la lutte contre les ravageurs des cultures.

Sur la plaine, les cultures suivies sont plus diversifiées: 1 luzerne de 2 ans, 1 pois, 1 colza, 3 blé dont un en agriculture biologique et  1 parcelle en tournesol. Ici, notre objectif est de mesurer l’effet des aménagements sur les populations d’auxiliaires et de ravageurs. C’est ainsi que sur le groupe de la plaine, un programme de plantation de haies et d’implantation de bandes enherbées fleuries a vu le jour avec huit agriculteurs volontaires.

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Credéit photo : Chambre d’agriculture des deux sèvres.
 Les protocole carabe élaboré et protocole auxiliaires volants élaboré. En premier plan, la bande enherbée implantée par l’agriculteur il y a 3 ans.

Dans le cadre d’Auximore, les premiers relevés, auxiliaires rampants et volants, ont démarré, sous un ciel menaçant, la semaine du 6 mai. Si la récolte des pots barber est plutôt satisfaisante, celle des cuvettes jaunes et les observations BSV et quadrats sont assez voire très maigres. Espérons que la météo sera plus clémente en juin.

Claire Grimaldi – Chambre d’Agriculture des Deux Sèvres

L’enseignement agricole travaille pour la biodiversité !

L’appel à projets BiodivEA « Biodiversité dans les exploitations agricoles » a été initié en 2010, dans le cadre du partenariat entre les Ministères de l’agriculture et de l’écologie, dans l’objectif de renforcer la mobilisation de l’enseignement agricole sur la thématique de la biodiversité.

Les établissements d’enseignement agricole (EPL) et leur exploitation constituent des lieux privilégiés pour travailler sur la problématique des interactions agriculture et biodiversité. Déjà sensibilisés et actifs sur cette question, ces EPL peuvent développer dans le cadre de BiodivEA des projets de démonstration et d’expérimentation sur cette problématique, à l’échelle de leur territoire. Ce thème transversal constitue un support pertinent pour impliquer largement la communauté éducative, décloisonner les disciplines et filières de formation, et développer des partenariats.

 18 EPL sont ainsi engagés dans des projets centrés sur les problématiques et enjeux spécifiques au territoire, et comportant un volet national (participation à l’Observatoire Agricole de la Biodiversité). Les thèmes sont variés et permettent d’expérimenter des outils d’étude et d’évaluation de la biodiversité en agriculture, en vue de mutualiser ces expériences et les résultats obtenus.

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 Depuis 2012, des actions plus approfondies prolongent ces travaux, en lien étroit avec les acteurs de la recherche et du développement, sur les thématiques suivantes : diagnostics globaux, infrastructures agro-écologiques, prairies, auxiliaires, pollinisateurs, sols, messicoles. L’objectif est à terme de fournir des ressources opérationnelles aux acteurs du conseil et de la formation sur la question des interactions agriculture et biodiversité, dans une logique globale de capitalisation, mutualisation et diffusion d’outils.

Dans ce cadre, la Bergerie Nationale a noué des relations avec les acteurs du projet AuxiMORE, pour promouvoir les échanges entre les EPL engagés dans l’étude des auxiliaires sur leur exploitation en grandes cultures et les partenaires d’AuxiMORE. Ces EPL bénéficient des réflexions et des outils mis en œuvre dans le cadre d’AuxiMORE, et constituent des sites d’observation qui viennent nourrir ce projet. La Bergerie Nationale assure la mutualisation et la capitalisation des travaux menés et des résultats obtenus sur ces EPL.

 L’animation nationale de l’opération BiodivEA est assurée par le réseau « Biodiversité » de l’enseignement agricole, 3 établissements nationaux d’appui : Agrocampus Ouest Beg Meil, SupAgro Florac et la Bergerie Nationale, et l’ACTA, et en relation avec les acteurs de la recherche et du développement.

Emilie Kolodziejczyk – Bergerie Nationale