Bilan sur les nouveaux outils Dexi-AuxiMore de 2014

En 2014, quatre outils d’évaluation du potentiel d’accueil en auxiliaires d’une parcelle ont été réalisés. Ce sont des évaluations multicritères qui intègrent à la fois des éléments du système de culture et des éléments de l’environnement proche d’une parcelle. Elles concernent respectivement les syrphes, les coccinelles, les chrysopes et les micro-hyménoptères parasitoïdes de pucerons.
Un questionnaire permettant de renseigner l’ensemble des données d’entrées pour évaluer le potentiel d’accueil d’une parcelle vis-à-vis de ces quatre groupes d’auxiliaires grâce aux outils créés, a été mis au point. Des fichiers de saisies permettant de saisir les informations de base des évaluations et d’en exploiter les résultats accompagnent également les outils d’évaluation multicritères.
Ces fichiers fournissent par exemple un tableau permettant de résumer l’ensemble des résultats d’évaluation d’une parcelle vis-à-vis d’un groupe d’auxiliaires (un exemple concernant les syrphes vous est présenté ci-dessous). Cette parcelle, située dans les Côtes d’Armor, est cultivée en blé et la succession des cultures est triticale, maïs, blé, maïs. Elle est en zone bocagère entourée de haies et de nombreuses prairies.ReferenceClosDuBief
Légende : Potentiel Syrphes de la parcelle du Clos du bief – vert foncé = très favorable à rouge = très défavorable

Ce tableau se lit de droite à gauche. Tout à fait à droite, le potentiel d’accueil en auxiliaires est indiqué avec la note globale obtenue par la parcelle. Directement à la gauche de ce potentiel global, les deux embranchements principaux qui lui sont rattachés sont présentés avec les notes obtenues pour chacun d’eux. Puis, à gauche de ses embranchements, les critères qui les composent sont inscrits avec les notes correspondantes, et ainsi de suite jusqu’ aux critères de base de l’évaluation, complètement à gauche.
Les cases correspondant à chaque critère sont colorées en rouge en cas de note défavorable, en jaune en cas de note intermédiaire (peu favorable) ou en vert si la note est au contraire favorable. Cela permet d’identifier rapidement les leviers à actionner pour améliorer le potentiel d’accueil en auxiliaires d’une parcelle.
Par exemple, l’introduction d’une culture de colza dans la succession culturale, l’utilisation d’insecticides sélectifs des auxiliaires, un désherbage modéré (adventices en nombre réduit, tolérés) et la mise en place d’une bande fleurie améliorent le potentiel d’accueil en syrphes de la parcelle présentée :
AmélioreClosDuBief
Légende: Potentiel Syrphes : parcelle du clos du bief amélioré après une première série de modifications du système de culture.

Ces outils permettent ainsi de faire rapidement de simulations concernant le potentiel d’accueil des auxiliaires les plus importants des grandes cultures. Dans cet exemple, ils sont donc utiles à la mise en place d’innovations favorables aux Syrphes.

Ludivine Thivat et André Chabert – ACTA

Note de Corinne: merci de nous excuser de la piètre qualité de ces images – malgré tous nos efforts, le blog n’aime décidément pas les extractions ! N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez recevoir les « images sources » par mail (elles seront bien plus lisibles!). Merci de votre compréhension.

Témoignage de Laurent Lemétais, agriculteur-observateur-participant au voyage de presse

Suite au voyage de presse, nous avons eu le plaisir de recevoir ce témoignage sympathique et positif, que nous souhaitons partager avec vous :

« Bonjour à l’équipe picarde,
Merci  à vous d’avoir permis  aux normands de participer à la journée de présentation d’Auximore , et de nous avoir invité à ce moment convivial du déjeuner.
Cette journée fut fort instructive pour moi: premiers contacts avec d’autres observateurs agriculteurs,- l’occasion de constater que beaucoup des  questions que nous nous posons sont les mêmes-, rencontre avec des techniciens expérimentés et disponibles pour répondre à nos questions,découverte d’autres moyens d’observer avec les pièges cornet. Tout cela constitue un encouragement, pour les observateurs que nous sommes, à persévérer en améliorant nos connaissances et en donnant du sens à ces observations.

Bien que la fin de l’année signifie la fin du programme Auximore, je ne veux pas croire que ce programme de recherche participative va s’arrêter là. Votre équipe s’est beaucoup investie, des agriculteurs ont amélioré leurs connaissances en observant mieux, tout le monde œuvre dans le sens d’une meilleure approche de la biodiversité: il faut prolonger ce travail mené en commun entre chercheurs, techniciens et agriculteurs.  L’urgence est de développer l’ intelligence collective.
Cordialement.
Laurent Lemétais »

Un grand merci à lui, c’est un vrai plaisir de travailler ensemble.
Corinne Lescaudron – Chambre d’agriculture de Picardie

23 participants au voyage de presse Auximore

Journalistes, agriculteurs, élus, conseillers et experts, une vingtaine de participants ont eu la chance de se retrouver le 25 septembre sur l’exploitation d’Hubert Fréville, agriculteur à Grandfresnoy (Oise). Quel plaisir de profiter de cette belle journée ensoleillée pour faire le point sur les avancées du projet Auximore dans une ambiance conviviale. Tous ont pu apprécier la qualité des témoignages, des outils présentés, des protocoles testés, et surtout ont pu découvrir le monde des p’tites bêtes grâce aux prélèvements, observations, test du site d’identification en ligne et explications des conseillers, des agriculteurs et des experts.

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Sortir des bureaux pour enfiler ses bottes et toucher du doigt le concret, rien de tel pour faire passer le message : « Et si les agriculteurs utilisaient la faune « auxiliaire », plutôt que les insecticides, pour réguler la propagation de ces « ravageurs » dont il existe une quantité infinie ? » résume le journaliste du courrier picard (lire son article). Etaient aussi présents ses collègues de la France agricole, Réussir grandes cultures, l’Oise agricole, Terre Eco, Le Betteravier français, et le Parisien. Nous en avons profité pour transmettre un dossier de presse à ceux qui n’ont pas pu se déplacer : Agra-presse et Cultivar.

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Bien sûr, la date du 11 décembre, jour du colloque de clôture du projet Auximore, est maintenant notée dans tous les agendas et nous espérons que les journalistes seront nombreux pour relayer les réussites et les suites de notre projet auprès du plus grand nombre.

Contacts: Corinne Lescaudron (Chambre d’agriculture de Picardie) et Audrey Rimbaud (Assemblée permanente des Chambres d’agriculture)

Crédits photos: C.Lescaudron/CRA Picardie

Réservez dès maintenant votre date du 11 décembre

Le colloque national qui clôturera le projet Auximore se tiendra le 11 décembre de 14h à 17h à Paris, à l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture. Ce colloque s’adresse en priorité aux organismes partenaires, institutions et ministères, coopératives et instituts techniques, à l’enseignement agricole et à la recherche.

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Venez nombreux pour découvrir les connaissances capitalisées et les outils réalisés pour les agriculteurs et les conseillers : Outils de reconnaissance des auxiliaires et des ravageurs, outils de suivis élaborés et simplifiés, fiches sur les auxiliaires et les ravageurs et outils pédagogiques pour les formations.

Le programme détaillé est en préparation et vous sera communiqué prochainement. Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire : Inscription au colloque Auximore du 11 décembre
Corinne Lescaudron – Chambre régionale d’agriculture de Picardie

Une étude pour mieux comprendre l’émergence des larves de Carabidae

Les Carabidae sont des insectes prédateurs à l’état adulte, mais aussi à l’état larvaire. Si les premiers sont couramment étudiés, on connait finalement peu de choses sur les larves. En effet, ces dernières vivent dans le sol et sont donc difficiles à capturer, sans d’importants moyens. De plus, leur identification à l’espèce est un exercice hautement complexe.
Pour pouvoir appréhender l’important service de régulation des ravageurs de ces larves, des dispositifs de suivis, appelés pièges à émergence, ont été installés en région Centre/Ile de France et en Picardie, en 2010 et 2011. Il s’agit ici d’isoler une portion de sol, en implantant un cylindre en profondeur, et de capturer les Carabidae adultes venant d’émerger du sol.

L’étude, parue dans le Bulletin Mensuel de la Société Linnéenne de Lyon du mois d’août, vise à apporter des éléments de réponses aux questions suivantes :

  • Quels effectifs de Carabidae se développent dans les paysages agricoles ?
  • Dans quels habitats se développent les larves ?
  • Quels habitats accueillent la plus grande diversité spécifique ?
  • Certaines espèces montrent-elles des préférences écologiques ?

Si vous souhaitez en apprendre plus sur ce sujet, l’article est disponible sur demande auprès de Jean-David CHAPELIN-VISCARDI (chapelinviscardi(at)laboratoireecoentomologie.com).

Véronique Tosser – ARVALIS Institut du Végétal

Extraction de l’information spatio-temporelle pour la construction d’arbre de décision

Mise en œuvre de méthodes et outils pour extraire de l’information spatiale dans le cadre d’un dispositif de piégeage in-situ.
Les outils d’un Système d’Information Géographique ont été utilisés pour récupérer l’information environnementale des pièges mis en place dans le cadre de capture d’auxiliaires de cultures. Un rayon d’étude autour des pièges a été établi.

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Les méthodes utilisées pour extraire et construire les données :

  • Acquisition et création des données spatiales (mise à jour annuelle) : La géolocalisation des pièges, la recherche des données géométriques du parcellaire, l’occupation des sols, les différents réseaux (route, chemin, bande enherbée, haie, voie d’eau, fossé…).
  • Outils de traitements : Création de Buffer (zone autour de chaque piège).
    Découpe avec ces Buffers des différentes couches de données spatiales.
    Calcul de la nouvelle géométrie et de l’association des occupations de sol ainsi que leur pourcentage de représentation.
  • Exportation des données : Exportation des données S.I.G vers Excel, création de feuilles de calcul.

Ce processus permet d’extraire de l’information spatiale sur des zones dont l’emprise est définie. Les données des différentes couches géo-localisées sont associées.
Les informations ainsi regroupées ont été livrées sous forme d’un classeur Excel.
Cette extraction de données est une étape dans la construction d’arbre de décision.

Béatrice Serradj-Noirtin – Université de Lorraine/INRA Nancy

Quel contenu pour des arbres de décision « carabes » construits par fouille de données ?

L’objectif des indicateurs construits dans le cadre de la tâche 3 du programme Auximore est de prévoir les effets des pratiques agricoles et de gestion du paysage sur divers auxiliaires des cultures tels que carabes, syrphes, hyménoptères parasitoïdes et chrysopes.

En parallèle des indicateurs construits à partir de l’analyse multicritère avec des outils du type Dexi, il est possible d’établir un autre type d’arbres de décision complémentaires, à condition de disposer d’une base de données suffisamment fournie en résultats expérimentaux. Ainsi, a-t-on appliqué à la base de données du Casdar Entomophages des méthodes de fouille de données telles que l’analyse de classification hiérarchique. Il en a résulté divers arbres de décision qui permettent non seulement de prévoir une abondance ou une richesse spécifique totale en carabes, mais également une abondance selon leur classe de taille (petit, moyen ou gros) ou de leur type de régime alimentaire (carnivore, phytophage).

Reste à tester la sensibilité et à valider ces arbres de décision, notamment sur leur valeur d’usage. Pour cela, des tests en présence de conseillers agricoles sont prévus à l’automne.

Françoise Lasserre-Joulin – Université de Lorraine/INRA Nancy

Voyage de Presse sur les auxiliaires de cultures à Grandfresnoy dans l’Oise

Le 25 septembre prochain à Grandfresnoy dans l’Oise, agriculteurs et conseillers impliqués dans le projet Auximore expliqueront aux journalistes l’importance du suivi et du développement de la connaissance sur les auxiliaires de grandes cultures.

Les journalistes présents auront l’opportunité de tester les outils pédagogiques conçus dans le cadre d’Auximore au cours d’ateliers de démonstration et d’observation :

  • mise en œuvre des protocoles de suivis d’auxiliaires volants
  • mise en œuvre des protocoles de suivis d’auxiliaires rampants
  • observation visuelle des auxiliaires
  • test du site Internet d’identification des auxiliaires : http://www.unebetedansmonchamp.fr/ (encore un peu de patience : il est en construction, en phase de test et sera en ligne début décembre)

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Rendez-vous le 25 septembre où les échanges entre agriculteurs, experts entomologistes, journalistes et élus promettent d’être riches !

Audrey Rimbaud (APCA) et Corinne Lescaudron (CRA Picardie)

Comparaison de 2 méthodes de classement des arthropodes

L’objectif du travail a été de comparer deux méthodes de classement d’arthropodes. La première est la méthode de détermination classique des espèces par différenciation morphologique. La deuxième méthode utilise l’application android Insectfinder© basée sur l’identification de morpho-espèces par régime alimentaire: morpho-carabe herbivore, morpho-carabe carnivore, morpho-guêpe carnivore (parasitoïde)… Cette méthode ne permet donc pas d’obtenir le nom des espèces, seulement les trait fonctionnels de morpho-insecte.

A partir des échantillons de Chaussy (95) et de Boigneville (91) prélevés au cours de l’année 2013 dans le cadre de Auximore, les résultats ont montré que nous comptions plus d’individus  avec InsectFinder qu’en détermination classique. Par ailleurs, la comparaison des régimes alimentaires des effectifs entre l’inventaire classique et InsectFinder indique que les deux méthodes sont significativement identiques.

En conclusion, l’utilisation de InsectFinder© s’avère un outil intéressant car il permet d’obtenir des résultats identiques sur les traits fonctionnels des arthropodes en grandes cultures avec une rapidité et une accessibilité bien meilleure que l’inventaire classique.

Damien Munier, Ingrid Arnault – CETU Innophyt
Véronique Tosser – Arvalis