Pourquoi les outils d’évaluation de systèmes ?

Les outils d’évaluation multicritères développés dans le projet AuxiMore ont pour but d’aider les opérateurs de terrain (agriculteurs, conseillers agricoles, …) à juger du potentiel d’accueil en auxiliaires d’une parcelle. Les insectes concernés sont les syrphes, les micro-hyménoptères parasitoïdes de pucerons, les coccinelles, les chrysopes et les carabes ainsi qu’un ravageur, les limaces.

A l’aide de ces outils, il sera facile de réaliser de nombreuses simulations de changements de systèmes et d’en estimer les conséquences vis-à-vis des auxiliaires. Ces évaluations pourront servir aussi bien à un agriculteur particulier souhaitant changer ses pratiques qu’à l’animation de groupes de réflexion.

Au travers des diverses simulations réalisées, chacun pourra évaluer ses nouveaux projets et choisir ceux qui conviennent le mieux.

Vous pouvez voir ci-dessous un exemple de modification d’un système de culture et de ses aménagements à partir d’une évaluation du potentiel d’accueil en syrphes.

Exemple de modification d’un système de polyculture élevage appuyé sur l’évaluation du potentiel d’accueil en syrphes d’une parcelle située en Bretagne :

Graphique ACTA 1

Ci-dessus, vous pouvez voir une représentation du potentiel d’accueil global de syrphes initial d’une parcelle (en haut, t0), après une première modification du système, qui consistait à diminuer l’utilisation d’insecticides (au milieu, t1), et après une seconde modification caractérisée par la mise en place d’une bande enherbée (en bas, t2). Puis ci-dessous, vous avez en parallèle un radar représentant les facteurs influençant chacun de ces potentiels d’accueil.

Graphique ACTA 2

LudivineThivat, André Chabert – ACTA

Suivis des parcelles en Picardie

Cette année la Chambre d’Agriculture de Picardie a suivi 14 parcelles, de mi-mai à fin juin :

  • 7 agroforestières en protocole élaboré
  • 4 dites « témoins » en protocole élaboré
  • 3 en protocole simplifié

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La partie terrain est terminée…

Les systèmes de piégeage mis en place sont : les pots Barber, les planches à invertébrés terrestre, les cuvettes jaunes, ainsi que les pièges cornet. Nous avons donc pu récolter pas moins de 72 pots Barber par semaine, 42 planches, 24 cuvettes jaunes et 28 pièges cornet… soit 744 flacons récoltés au total !

Le suivi de ces parcelles s’est terminé sous le soleil, la semaine dernière, mais le travail n’est pas fini puisqu’il faut maintenant déterminer les milliers de petites bêtes piégées durant les 6 semaines de suivis.

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… place à l’identification en labo

En plus de ce réseau, 8 agriculteurs picards se sont investis dans le projet en se proposant de suivre une de leurs parcelles avec les protocoles simplifiés Auximore de leur choix. Nous les remercions vivement pour leur implication et espérons qu’ils seront encore plus nombreux les années à venir.

Clélia Flourez – Chambre Régionale d’Agriculture de Picardie

Les suivis AuxiMore sur la station Arvalis de Boigneville (91)

La station de Boigneville accueille cette année plusieurs expérimentations de suivi de la faune auxiliaire dans le cadre du projet AuxiMORE. Nous avons choisi six parcelles qui présentent entre elles des différences de conduites culturales.

  • 2 parcelles en système biologique
  • 2 parcelles en conduite raisonnée
  • 2 parcelles en conduite Mach 2 (optimisation du temps de travail)

Sur les six parcelles suivies, toutes semées en blé tendre d’hiver, nous avons mis en place les protocoles élaborés d’AuxiMORE : pots Barber, planches à invertébrés et cuvettes jaunes.

   Arvalis 1

Une planche à invertébrés

Enfin, 2 couples de pièges cornet ont été installés, dans les aménagements d’une parcelle bio et d’une parcelle Mach 2.

Arvalis 2

Un couple de pièges cornet prêt pour la récolte

L’installation de ces protocoles permettra d’appréhender et de décrire la faune présente sur les parcelles, et ainsi de démarrer une comparaison des différents systèmes vis-à-vis des populations bénéfiques (auxiliaires de cultures, pollinisateurs…). Tous ces pièges sont relevés de manière hebdomadaire. Les relevés ont commencé le mardi 6 mai, et les premières observations semblent concluantes. Il faudrait juste que les mulots arrêtent de venir se suicider dans mes pots, ça perturbe les données !

Arvalis 3

Un pot Barber qui n’attend que moi

Voilà pour le moment en ce qui concerne les expériences mises en place sur le site de Boigneville. Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire.

Antoine MARTIN – Arvalis

Agriculteurs et instituts techniques : un réseau dynamique

Pour cette dernière année du projet, un grand appel à la participation a été lancé et relayé dans de nombreux réseaux (OAB, Chambre d’agriculture, Institut technique, Coopérative, Fédération de chasse, etc.). Pour l’instant, il est difficile de quantifier le nombre de personnes et de parcelles engagées dans des suivis, mais je peux vous dire qu’Auximore est implanté dans une vingtaine de départements. Pour info, l’année dernière 11 départements était recensés, pour un total de 78 parcelles mettant en place 1 ou plusieurs protocoles de suivis.

Cette année est également marquée par l’engagement des agriculteurs qui sont une trentaine à nous rejoindre dans le cadre du projet.

reseau 2014

Au-delà du recrutement de volontaires, cet appel a été l’occasion pour les acteurs du monde agricole de faire part de leurs attentes d’outils dédiés et adaptés ainsi que d’un intérêt grandissant pour la thématique des auxiliaires de cultures.

Merci à tous pour votre mobilisation et votre engagement dans le projet.

Lucie Lausecker – MNHN

Agroforesterie : quels protocoles ? Et quels impacts des arbres sur les auxiliaires ?

Ce sont les questions auxquelles tentera de répondre l’équipe d’Agroof cette année 2014, grâce au projet AuxiMore. Sur la base des tests réalisés l’année dernière, les expérimentations menées par Agroof cette année concernent quatre parcelles conduites en Agroforesterie.

Sur le domaine expérimental de Restinclières, dans l’Hérault, trois parcelles sont suivies. Chaque parcelle comprend une partie agroforestière (composée d’une seule essence) et une partie en culture pure, sans arbre. Leur composition est la suivante :

  • Lignes de noyers hybrides de 19 ans et blé d’hiver
  • Lignes de cormiers de 18 ans et blé d’hiver
  • Lignes de peupliers de 18 ans et blé d’hiver

Une parcelle est également suivie, au domaine de Roumassouze dans le Gard, composée d’une partie en association de pomme de terre et de Paulownia, et d’une autre partie en culture pure.

La mise en place des protocoles « rampants » dans chacune de ces parcelles permettra d’appréhender l’impact potentiel des aménagements agroforestiers sur la faune auxiliaire. Dans le cadre des suivis d’auxiliaires « volants », des pièges cornets, malaise et cuvettes jaunes ont également été installés.

Image Agroof 2Les lignes d’arbres et les bandes enherbées à leurs pieds sont des sources potentielles de refuges et de nourriture pour les auxiliaires. Ils modifient également le microclimat, ce qui pourrait avoir des effets sur les communautés d’auxiliaires.

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Ce type de pièges destinés aux insectes volants est une alternative à la tente Malaise, plus coûteuse  Mais quelle information apporte-t-il ? Nous comparerons les données issues de ces deux types de pièges.

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Cette année encore Agroof n’est pas seul : 8 agriculteurs volontaires travaillent avec nous sur la réalisation de suivis de biodiversité selon des protocoles simplifiés.

Ambroise Martin-Chave pour l’équipe d’Agroof

Suivis 2014 : Ne vous laissez pas surprendre par la progression rapide des cultures !

Enfin ! Après la participation très positive des 40 observateurs en 2013 et un printemps déjà bien installé, les protocoles pour 2014 sont disponibles et prêts à être mis place.
On rappelle que l’un des objectifs d’Auximore vise à fournir des outils de suivis des insectes auxiliaires entomophages adaptés et validés pour les différents acteurs du monde agricole.
Largement inspiré des réalisations de 2013, vous retrouverez le guide de terrain avec :

  • La présentation générale
  • Les pièges à mettre en place
  • Les fiches de terrain plus complètes pour vous accompagner pendant vos notations avec des photos plus belles et de nouveaux groupes à suivre !

Attention ! Cette année, les suivis sont raisonnés en fonction du stade de la culture. Méfiez-vous de l’avance culturale déjà acquise et n’attendez pas pour observer la diversité présente sur vos parcelles !
Nouveau cette année : le guide d’aide à l’identification : Quèsaco ?
C’est un compagnon de terrain qui se révèlera fort utile pour vous initier à l’identification. Il se présente sous la forme d’une suite de questions simples (nombre de paires de pattes, présence d’ailes, forme du corps…) qui conduisent à des fiches familles et permettent d’identifier un individu capturé.

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Il n’est pas trop tard pour nous rejoindre ! Donc si vous faites partie ou connaissez un réseau d’agriculteurs susceptible d’être intéressé, prenez contact avec llausecker(at)mnhn.fr Ou si vous êtes rattaché à un institut technique contactez demontaigne(at)cetiom.fr

N’hésitez pas à nous faire des retours du terrain et nous poser toutes vos questions.

Bons suivis !

Lucie Lausecker – MNHN & Anne de Montaigne – CETIOM

Les suivis biodiversité du CETIOM

Le CETIOM (Centre Technique interprofessionnel des Oléagineux et du Chanvre) a mis en place cette année des suivis visant principalement à faire un état de la biodiversité présente dans les parcelles de chanvre en comparant avec ce qui est observé à la même période dans du colza ou du tournesol. De par ses caractéristiques intrinsèques (bonne couverture du sol) et l’absence de traitements phytosanitaires, le chanvre peut potentiellement permettre le maintien et le développement d’un grand nombre d’organismes, en particulier des organismes dits utiles.

9 parcelles sont suivies dans l’Aube, réparties dans trois paysages différents. Sur chaque site, une parcelle de chaque culture est suivie. Chaque parcelle est ainsi équipée de 5 pots Barbers situés à 50 m d’une bande enherbée et de 2 cuvettes jaunes sur végétation, une à 10 et l’autre à 50 m de la même bande enherbée.

Nous effectuerons des relevés chaque semaine. Parallèlement aux prélèvements, nous notons également les données météo (pluviométrie, températures, rayonnement cumulé sur la semaine écoulée) ainsi que le stade de développement de la culture, la hauteur de la strate, les interventions agricoles, ou toute autre observation qui pourrait être utile lors du traitement des données.

Nous allons donc recenser les prédateurs du sol (carabes, araignées et staphylins), les auxiliaires volants (chrysopes, syrphes, hyménoptères parasitoïdes, pollinisateurs…) ainsi que les ravageurs (méligèthes, charançons, limaces…).

Ses suivis permettront d’apporter de premiers éléments sur l’intérêt du chanvre en tant que réservoir à auxiliaires. Nous regarderons également l’influence du climat et du paysage sur les captures et nous déterminerons le potentiel de régulation des parcelles en mettant en parallèle les populations des ravageurs et d’auxiliaires. D’autre part, ces données alimenteront la base de données d’Auximore.

Avec ces suivis, les professionnels de la filière du chanvre pourront étoffer leurs arguments en démontrant un des intérêts d’insérer du chanvre dans la rotation. Dans le cadre d’Auximore, ces données participeront aux études de mises au point de protocoles simplifiés.

Raphaël Planhard – CETIOM

On a besoin de vous !

A tous les expérimentateurs de cette campagne Auximore 2013, n’oubliez pas que nous avons besoin de vous pour améliorer les protocoles et pour cela nous avons besoin de vos remarques !!

Remplissez donc le questionnaire de faisabilité qui servira de support pour votre retour d’expérience; 2 choix s’offrent à vous pour y répondre:

–          Directement en ligne

–         Imprimer la version papier et nous la renvoyer par courrier

Nous comptons sur vous !

Marie Debandt – Chambre d’agriculture de Picardie

 

Parcelles suivies par Arvalis Institut du Végétal

L’essai système de la Motte est un système biologique céréalier sans élevage, suivi depuis 2003 par Arvalis Institut du Végétal. Cet essai se situe sur le site de la Bergerie de Villarceaux (95), propriété de la Fondation Charles Léopold Meyer pour le Progrès l’Homme (FPH, fondation suisse). L’EARL du Chemin neuf est en charge du suivi des opérations culturales sur les 8 parcelles d’environ 8 hectares de la Motte. Une rotation de 8 ans est mise en place[1], tous les termes de la rotation sont implantés chaque année.

Les parcelles de l’essai mesurent 120 m de large et sont séparées par des bandes enherbées ou des haies.

arvalis 2

Je mets en place les suivis auxiliaires pour les terricoles épigés (protocoles plaques invertébrés terrestres et Barber) sur l’ensemble des 8 parcelles de l’essai. Les individus issus des piégeages au pot Barber sont identifiés à l’espèce, une dégradation sera appliquée par la suite en laboratoire pour disposer de l’identification proposée par le protocole simplifié. J’ai débuté les relevés le lundi 15 avril pour ces deux protocoles. Un relevé par semaine est effectué jusqu’à début juillet.

J’ai disposé deux paires de pièges cornets sur des bandes enherbées : l’une entre la Motte 6 et la Motte 7 (mélange triticale/pois et blé) et l’autre entre la Motte 3 et la Motte 4 (luzerne de seconde année et luzerne de première année). En parallèle, je mets en place le protocole pour les cuvettes jaunes sur les 4 parcelles jouxtant les pièges cornet (Mottes 3-4-6-7). Les syrphes collectés par ces deux protocoles sont identifiés à l’espèce, les micro-hyménoptères sont comptabilisés. De la même manière qu’avec les protocoles pour les terricoles épigés, les informations obtenues seront dégradées pour obtenir l’identification proposée par le protocole simplifié. Les premiers relevés pour les paires de pièges cornets ont débuté le 29 avril, les cuvettes jaunes seront disposées le 27 mai (délai de livraison). Là-aussi, chaque piège est relevé chaque semaine, et ce jusqu’à début juillet.

Ségolène Plessix- Arvalis Institut du Végétal



[1] luzerne-luzerne-blé tendre d’hiver-tournesol-féverole de printemps-blé tendre d’hiver -mélange triticale/pois – avoine de printemps

Suivis d’auxiliaires en parcelles agroforestières

En ce printemps/été 2013, l’équipe d’Agroof se replonge dans les suivis de biodiversité auxiliaire grâce au projet AuxiMORE. Pour cette phase de test des protocoles, Agroof s’est lancé dans le suivi de deux parcelles agroforestières sur des sites de référence : Le domaine expérimental de Restinclières (Hérault) et le domaine de Roumassouze (Gard).

  • Sur le domaine expérimental de Restinclières, la parcelle suivie présente un assolement de pois protéagineux associé à des lignes de noyers hybrides âgés de 18-19 ans. Ce site dispose d’un témoin agricole, c’est-à-dire d’une partie cultivée sans les arbres sur laquelle les suivis sont également effectués. Cela nous permettra de comparer les modalités avec et sans arbres.
  • Sur le domaine de Roumassouze, la parcelle suivie présente un assolement de pommes de terre associé à des lignes de merisiers, tilleuls et muriers âgés de 15 ans. Cette année, la parcelle ne dispose pas de témoin agricole. Seule la modalité agroforestière est donc suivie.

Ces deux parcelles font l’objet de suivis « d’auxiliaires rampants » et « d’auxiliaires volants » selon les protocoles dit « élaborés ». Nous n’avons toutefois pas pu mettre en place de tentes malaise/pièges à cornet cette année, ce sera donc pour l’année prochaine !

Figure 1 - cuvette restinclièresagroof

Crédit photo : Agroof

En agroforesterie, avec la présence des lignes d’arbres intraparcellaires, la disposition des pièges est forcément différente des parcelles sans arbres. D’autant plus que sur ces sites, l’espacement entre ces lignes est relativement faible (10 à 13m): Schéma des dispositifs de piégeage

Ainsi, en plus d’acquérir des références sur la biodiversité de ces parcelles et l’impact des lignes d’arbre sur cette dernière, cette première année de test est également l’occasion de voir comment l’on peut adapter ces protocoles à des systèmes agroforestiers en grandes cultures. De nombreuses améliorations sont surement possibles et c’est là tout l’intérêt du projet.

De plus, et c’est un élément d’importance : Agroof n’est pas seul. L’équipe accompagne un groupe de 8 agriculteurs locaux qui ont souhaités suivre la biodiversité auxiliaires sur leurs parcelles en grandes cultures. Certains pratiquent l’agroforesterie, d’autres non. Grâce à ces volontaires et aux discussions engagées toutes les deux semaines, certains retours intéressants commencent à émerger…mais cela sera pour un autre billet 😉

Figure 4 - Auximore agriculteurs vézénobres crédit photo : Agroof

Camille Béral, pour l’équipe d’Agroof !