Comparaison de 2 méthodes de classement des arthropodes

L’objectif du travail a été de comparer deux méthodes de classement d’arthropodes. La première est la méthode de détermination classique des espèces par différenciation morphologique. La deuxième méthode utilise l’application android Insectfinder© basée sur l’identification de morpho-espèces par régime alimentaire: morpho-carabe herbivore, morpho-carabe carnivore, morpho-guêpe carnivore (parasitoïde)… Cette méthode ne permet donc pas d’obtenir le nom des espèces, seulement les trait fonctionnels de morpho-insecte.

A partir des échantillons de Chaussy (95) et de Boigneville (91) prélevés au cours de l’année 2013 dans le cadre de Auximore, les résultats ont montré que nous comptions plus d’individus  avec InsectFinder qu’en détermination classique. Par ailleurs, la comparaison des régimes alimentaires des effectifs entre l’inventaire classique et InsectFinder indique que les deux méthodes sont significativement identiques.

En conclusion, l’utilisation de InsectFinder© s’avère un outil intéressant car il permet d’obtenir des résultats identiques sur les traits fonctionnels des arthropodes en grandes cultures avec une rapidité et une accessibilité bien meilleure que l’inventaire classique.

Damien Munier, Ingrid Arnault – CETU Innophyt
Véronique Tosser – Arvalis

Point labo chez Arvalis

A Boigneville, la période de capture s’est finie le 8 juillet, après 10 semaines intensives de ramassage, où bon nombre d’animaux plus ou moins en rapport avec l’étude ont pu visiter mes pièges. Mais ce n’est pas le tout de capturer des insectes, encore faut-il savoir ce qu’on a capturé.

C’est dans cette optique qu’à cette phase de capture s’ajoute une (longue) phase de détermination et de comptage, où chaque piège, chaque semaine, fait l’objet d’une étude particulière.

Dans les pots Barber, ce sont les carabes, les araignées, les staphylins et les limaces qui sont dénombrés, à l’espèce pour les carabes et au morpho-groupe pour les autres. Le principe est enfantin : on vide le pot contenant les insectes dans un bac avec un fond d’eau (pour faciliter la manipulation), et on compte (ça à l’air facile, mais parfois, un seul pot peut contenir plus de 200 araignées…). Il est conseillé de se munir d’une pince fine, ou encore mieux, d’une pince entomologique, plus souple et risquant moins d’abimer les spécimens. Une petite loupe peut également vous sauver la vie. Le contenu de chaque pot est ensuite conservé dans un pilulier rempli d’alcool à 70°.

En ce qui concerne les déterminations de carabes, elles étaient dans mon cas réalisées par un entomologiste spécialisé. Je n’étais à même de reconnaitre à l’œil nu que 5 espèces différentes, très particulières : Pterostichus melanarius, Anchomenus dorsalis, Poecilus cupreus, Brachinus sclopeta et Cicindella campestris.

Cependant, il est également possible de se servir d’une clé d’identification, avec malheureusement les risques d’erreurs que cela entraine pour les non-professionnels (pour avoir essayé, c’est très compliqué).

Arvalis labo 1

Contenu d’un piège cornet

Au début très longues (environ 15 minutes par pots), les analyses se sont accélérées, par la force de l’habitude et une certaine diminution du nombre d’individus capturés dans les dernières semaines. Sur la fin, un pot demandait environ 5 minutes.

Arvalis labo 2

Contenu d’un pot Barber

Antoine Martin – Arvalis

Test des protocoles simplifiés Auximore en Deux-Sèvres

Dans le cadre du Réseau de fermes de démonstration Agriculture et Biodiversité animé par la Chambre d’agriculture des Deux-Sèvres, Jean-Luc Thibaudeau, céréalier sur la plaine de Thouars, s’est proposé pour tester les protocoles simplifiés Auximore.

« Cela fait plusieurs années que j’essaie de diminuer les impacts négatifs de mes pratiques culturales sur l’environnement et je souhaitais mettre en place des suivis auxiliaires évoqués lors de formations. J’ai fait le choix des pots Barber et des planches à invertébrés car ces groupes m’intéressent et les autres suivis me paraissaient plus contraignants ». De plus, l’agriculteur était curieux d’en apprendre davantage sur la biodiversité de ses parcelles.

CA79 (1)

Accompagné par la Chambre d’Agriculture pour la mise en œuvre du protocole et le premier relevé, Jean-Luc a fait ses relevés de mai à juillet, une fois par mois, sur une parcelle de sarrasin.

« La mise en place était facilement réalisable à l’aide des protocoles tant pour les pots barber que les planches invertébrés … c’est à l’identification que ça se gâte… sans accompagnement ça aurait été très difficile… surtout pour les carabiques et les araignées »

 Jean-Luc émet peu de critiques sur les protocoles qu’il estime plutôt bien illustrés si ce n’est que la fréquence et la durée de piégeage des pots barber peut prêter à confusion. Il mentionne aussi qu’il ne pense pas envisageable de pouvoir multiplier les relevés. Ce ne serait pas compatible avec son emploi du temps.

CA79 (2)

Il en ressort qu’il a beaucoup appris lors de ces relevés : « Je n’aurais jamais cru qu’il y avait autant d’insectes au sol dans la parcelle, et encore je n’ai pas tout piégé! ». Il serait partant pour continuer l’année prochaine de manière autonome et exprime une attente pour l’analyse des résultats.

«  Il serait bon de connaître l’influence de la qualité de la terre sur les individus récoltés ainsi que, l’impact des pratiques culturales (travail du sol simplifié, traitements phytosanitaires…). Il serait important de pouvoir comparer nos résultats avec des seuils de déclenchement des traitements »

Laura ROCHET – Chambre d’Agriculture 79